Mais qui suis-je vraiment ?

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Aujourd’hui un phénomène de technique de fraude surclasse la contrefaçon ou la falsification des documents d’identités. Ce mode opératoire appelé aussi «look-alike», terme anglais qui désigne les « sosies » basé sur la ressemblance physique devient une  véritable fraude à la physionomie.

Il est vrai qu’un porteur de document usurpé va user de stratagèmes pour passer les contrôles de police ou des douanes, opter pour une tenue vestimentaire identique à celle de la photographie du document d’identité qu’il usurpe par exemple, ou encore le même type de coiffure et l’usurpateur sera généralement d’une ethnie similaire à l’usurpé.

Utilisé par des réseaux d’immigration irrégulière par voie aérienne ou terrestre pour des candidats désirant rejoindre l’Europe ou le continent d’Amérique du Nord, ce phénomène est donc mondial et les outils techniques de contrôle en matière de fraude documentaire (loupe, loupe UV,..) sont inutiles pour s’en prémunir.

Les enjeux actuels de la reconnaissance faciale sont de déterminer si la personne qui utilise le document d’un tiers est le légitime porteur, mais cela devient aussi un phénomène à appréhender en matière de lutte contre le blanchiment d’argent lié à la criminalité organisée ou à son financement et ce notamment pour des groupements terroristes.

Effectivement sur ce dernier point, plusieurs exemples montrent que ce mode opératoire est utilisé pour des personnes sur « zone » désirant rejoindre l’Europe en usurpant des documents d’identités ou de voyage par la technique du « look-alike ».

 

Ci-dessus un exemple d’un ressortissant Français qui a été intercepté en Turquie de retour de « zone » en usurpant un document de voyage Suédois et en utilisant la technique du look-alike.

On le voit, si l’on ne prête pas attention aux traits du visage et notamment à la forme des oreilles qui demeure un indicateur de premier choix en matière de reconnaissance faciale, n’importe qui se ferait duper. Même forme de visage, même coupe de cheveux, nez plutôt similaire … Et pourtant ce sont bien deux personnes totalement différentes.

Autre situation, en 2015, deux hommes en provenance de Belgique sont contrôlés à l’aéroport d’Istanbul. Les policiers découvrent 150 passeports Français cachés dans des mini fours à pizza. Des documents authentiques à destination de la Syrie destinés à permettre à des individus de rentrer dans l’espace Schengen par les voies terrestres ou aériennes.

Plus qu’un phénomène de mode, c’est aujourd’hui une vraie technique de fraude utilisée par des groupes criminels de différents ordres : immigration illégale, terrorisme, criminalité organisée, trafic d’êtres humains ..

Les situations se multiplient… L’on peut citer par exemple le cas d’un  individu usurpant un document de voyage français pour ouvrir des comptes bancaires au guichet ou en ligne dont la finalité est la transmission des RIB auprès d’organismes sociaux pour des demandes indues de prestations sociales (près de 700 dossiers de demande de prime d’activité entre décembre 2019 et octobre 2020). Ensuite, les fonds perçus de manière indue par la fraude étaient blanchis pour le paiement des loyers d’appartement de la famille et le remboursement par anticipation de prêts à la consommation.

Demain une personne pourrait se présenter à vous en usant de la technique du « look-alike » dans le cadre d’un projet d’affaires, de la signature d’un contrat ou l’ouverture d’un compte bancaire qui pourrait être motivé par le blanchiment ou le financement de terrorisme.

Pourtant, face à cette situation, il est possible par le questionnement de l’individu, l’analyse du visage ou le comportement de la personne de détecter l’usurpateur et de déjouer une possible fraude. Pour ce faire il est nécessaire de suivre des formations pratiques en lutte contre la fraude documentaire, un fléau colossal : en effet près de 5% des documents d’identité présentés en France pour ouvrir un compte en banque ou obtenir des prestations sociales sont des faux.